Le Boom des CDD : Pourquoi 58% des offres sont désormais des contrats courts.

C’est un chiffre qui marque la fin d’une époque. Le CDI, autrefois la norme absolue de l’embauche en Polynésie, est désormais minoritaire dans les flux de recrutement.

Selon les dernières données du SEFI, 58% des offres d’emploi diffusées étaient des Contrats à Durée Déterminée (CDD). Une tendance lourde qui s’accompagne d’un recul inquiétant des offres en CDI (-6% sur un an).

Pour un chef d’entreprise, la flexibilité est tentante. Mais cette stratégie du « court terme » est-elle vraiment rentable ? Analyse d’un phénomène qui redessine le marché du travail.

1. Le besoin de flexibilité : Réaction ou Anticipation ?

Cette explosion des CDD (+11% en volume d’offres) ne sort pas de nulle part. Elle est la réponse directe des entreprises à un climat d’affaires perçu comme incertain, malgré la croissance.

Plusieurs facteurs expliquent ce basculement :

  • La saisonnalité du Tourisme : Le secteur de l’Hôtellerie-Restauration, qui a massivement recruté (+3,5% d’effectifs), fonctionne par nature sur des cycles saisonniers.
  • La gestion par « Projet » : Dans la construction ou le numérique, on embauche désormais pour la durée d’un chantier ou d’une mission, calquant le contrat de travail sur le contrat commercial.
  • Le test grandeur nature : Face à la difficulté de licencier en CDI, le CDD est de plus en plus utilisé comme une « super période d’essai » pour valider les compétences (souvent difficiles à certifier, le diplôme n’étant pas toujours gage de savoir-faire).

2. Le revers de la médaille : Le coût caché du CDD

Si le CDD offre de la souplesse comptable, il représente un cauchemar logistique pour les RH. Recruter en CDD, c’est accepter de recruter en permanence.

  • Surcharge administrative : Multiplier les contrats courts, c’est multiplier les DPAE, les soldes de tout compte et les formations d’intégration.
  • Perte de productivité : Un salarié en CDD atteint souvent sa pleine productivité… au moment où son contrat s’arrête.
  • Difficulté d’attraction : C’est le point critique. Les candidats de valeur (ceux qui ont le choix) privilégient la sécurité. Pour obtenir un prêt immobilier ou s’installer durablement, le CDI reste le graal. En ne proposant que du CDD, vous vous coupez mécaniquement des meilleurs profils, qui filent vers l’Administration ou les grands groupes.

3. L’alternative : L’Intérim ou le CDI de chantier ?

Le rapport note également une explosion de l’intérim (+10,7%). Paradoxalement, pour du très court terme, l’intérim est souvent plus simple à gérer qu’un CDD interne (externalisation de la gestion administrative).

Mais pour vos fonctions clés, le calcul est vite fait. Le coût du turnover (recrutement + formation + manque à gagner) dépasse souvent le risque perçu d’un CDI.

Conclusion : Quand faut-il dégainer le CDI ?

Le CDD est un outil de gestion, pas une stratégie de croissance. Si 58% du marché propose de la précarité, proposer de la stabilité devient votre avantage concurrentiel n°1.

Pour attirer un chef d’équipe, un technicien spécialisé ou un commercial performant, offrez ce que vos concurrents refusent de donner : de la visibilité. Vous recevrez en échange de la loyauté.

Vous avez un poste clé à pourvoir ?

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