Votre panier est actuellement vide !
C’est un réflexe ancré dans la culture RH polynésienne : pour se rassurer, on filtre par le diplôme. « Bac+2 minimum », « Master exigé »…
Pourtant, à la lecture du Bilan de l’emploi 2024/2025, une étrange dissonance apparaît. Alors que les demandeurs d’emploi sont de plus en plus diplômés, les entreprises, elles, semblent chercher ailleurs. Le « Roi Diplôme » serait-il en train de perdre sa couronne face à la réalité du terrain ?
Décryptage d’un paradoxe que tout chef d’entreprise doit comprendre pour ne pas rater ses recrutements cette année.
1. La réalité brute : Le diplôme reste le meilleur bouclier
Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Statistiquement, le diplôme reste la protection ultime contre le chômage au Fenua.
- Taux d’emploi record : Le taux d’emploi des diplômés du supérieur atteint des sommets à 83,6%, contre seulement 36,2% pour les personnes sans diplôme.
- Chômage résiduel : Le taux de chômage des diplômés du supérieur n’est que de 6,3%, alors qu’il grimpe à 19,6% pour les non-diplômés.
Le constat RH : Recruter un diplômé reste un gage de sécurité et d’intégration rapide au marché du travail. Mais attention, c’est là que le piège se referme.
2. Le Paradoxe : Des candidats sur-diplômés pour des offres qui le sont moins
C’est la donnée la plus surprenante du rapport de l’ISPF : il y a un décalage croissant entre l’offre et la demande.
- Côté Candidats : Le niveau monte. Les demandeurs d’emploi sont de plus en plus éduqués. En 2024, près de la moitié (49%) des demandeurs inscrits au SEFI possèdent au moins le Baccalauréat ou un diplôme du supérieur. Les profils peu qualifiés sont en diminution constante.
- Côté Entreprises : La demande de diplômes recule. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la part des offres ciblant les diplômés du supérieur a baissé, passant de 39% en 2023 à 35% en 2024. À l’inverse, 28% des offres (soit près de 3 sur 10) sont désormais ouvertes aux personnes sans aucun diplôme.
L’analyse : Le marché polynésien, tiré par le tourisme, le commerce et les services, a besoin de bras et de « savoir-être » opérationnels tout de suite. Les entreprises semblent réaliser que sur-qualifier un poste (demander un Bac+3 pour un poste d’accueil) est contre-productif.
3. Le risque de la « Sur-qualification »
En tant que recruteur, vous avez peut-être l’embarras du choix avec des CV très fournis. Mais attention au mirage. Recruter un candidat sur-diplômé pour un poste qui ne le nécessite pas comporte des risques identifiés :
- Frustration rapide : Le candidat s’ennuie si ses compétences théoriques ne sont pas utilisées.
- Turnover : Il partira dès qu’une offre correspondant à son « vrai » niveau se présentera.
- Coût : Il aura des prétentions salariales supérieures à la grille du poste.
4. La nouvelle stratégie gagnante : Les compétences avant le papier
Face à ce marché paradoxal, les chefs d’entreprise les plus agiles changent leur fusil d’épaule. Puisque 28% des offres ne demandent pas de diplôme, cela signifie que la bataille se joue ailleurs : sur les Soft Skills (fiabilité, ponctualité, sens du service).
Le secteur du Tourisme (Hôtellerie-Restauration), qui a créé 300 emplois supplémentaires cette année, en est le parfait exemple : on ne recrute pas un sourire ou un sens de l’accueil sur un diplôme universitaire, mais sur une personnalité.
Conclusion
Le diplôme n’est pas mort, mais il n’est plus le sésame unique. En 2026, le « bon » candidat n’est pas forcément le plus diplômé, c’est celui qui correspond le mieux à la réalité du poste.
Ne soyez pas éblouis par les titres universitaires si votre besoin est opérationnel. Et à l’inverse, ne fermez pas la porte aux « sans diplômes » qui représentent un tiers de vos opportunités de recrutement.
Vous cherchez la perle rare, avec ou sans diplôme ?
Précisez vos critères réels (savoir-faire vs diplômes) dans vos annonces sur iaorana.com pour filtrer les candidats les plus pertinents.
