Recruter en Polynésie : les aides pour embaucher et former un salarié

Vous souhaitez recruter un nouveau salarié à Tahiti ou dans les îles ? Plusieurs dispositifs d’aide à l’embauche permettent aux entreprises de Polynésie française de réduire le coût d’un recrutement et, dans certains cas, de financer la formation de leurs futurs collaborateurs.

Parmi ces aides proposées par le Pays et le Service de l’emploi (SEFI), TI’AMĀ et ACT PRO peuvent accompagner les employeurs qui recrutent en CDI. Quels sont les montants accordés, qui peut en bénéficier et comment effectuer une demande ?

Des aides financières pour faciliter le recrutement en Polynésie

Recruter un salarié représente un investissement important pour une entreprise, notamment lorsqu’elle doit former une personne à un nouveau métier ou développer son équipe.

Pour encourager l’emploi durable, la Polynésie française propose plusieurs mesures permettant aux employeurs de bénéficier d’un soutien financier pendant une période déterminée.

Ces aides sont généralement versées directement aux entreprises par le SEFI, sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité et les obligations liées au dispositif.

L’employeur reste responsable du paiement du salaire et des cotisations sociales auprès de la CPS. L’aide financière vient contribuer au coût du recrutement, sans se substituer aux obligations de l’entreprise.

TI’AMĀ : jusqu’à 100 000 F CFP par mois pour recruter en CDI

Le TI’AMĀ, également appelé CDI aidé, est un dispositif destiné aux entreprises et associations du secteur privé qui souhaitent recruter un demandeur d’emploi en contrat à durée indéterminée.

L’objectif est de faciliter l’accès à un emploi durable tout en réduisant temporairement le coût salarial pour l’employeur.

Quel montant peut recevoir l’entreprise ?

Le montant de l’aide dépend de plusieurs critères liés au profil du candidat et à l’activité de l’employeur.

Pour un recrutement à temps plein, trois niveaux de prise en charge sont prévus :

  • 60 000 F CFP par mois pour l’embauche d’un demandeur d’emploi remplissant les conditions générales.
  • 80 000 F CFP par mois si le candidat appartient à un public prioritaire ou si l’employeur répond à certains critères liés à sa taille, son statut ou son secteur d’activité.
  • 100 000 F CFP par mois lorsque les trois critères sont réunis : recrutement d’un demandeur d’emploi, appartenance à un public prioritaire et employeur répondant aux critères de bonification.

Parmi les publics prioritaires figurent notamment les jeunes de 16 à 29 ans, les personnes âgées de 50 à 62 ans, les travailleurs reconnus handicapés et les personnes ayant subi un licenciement économique.

Du côté des employeurs, les entreprises de moins de 20 salariés peuvent bénéficier d’une bonification. Plusieurs secteurs sont également concernés, notamment le tourisme, la restauration, la construction, le numérique, l’agriculture ou encore les services à la personne.

Exemple concret : une petite entreprise de 8 salariés qui recrute en CDI un demandeur d’emploi de 26 ans pourrait remplir les trois critères ouvrant droit à l’aide maximale.

Sous réserve de validation de son dossier, elle pourrait ainsi recevoir 100 000 F CFP par mois, soit 1,2 million de F CFP sur la première année.

Pendant combien de temps l’aide est-elle versée ?

Le TI’AMĀ est accordé pour une durée initiale de 12 mois.

Il peut être renouvelé une fois, pour une année supplémentaire, si le recrutement a permis la création d’un emploi supplémentaire et si les effectifs de l’entreprise sont restés stables pendant la première année.

Quelles sont les conditions pour bénéficier du TI’AMĀ ?

L’entreprise doit notamment être une structure de droit privé, être à jour de ses cotisations sociales et ne pas avoir procédé à un licenciement économique dans les six mois précédant la demande.

Certaines embauches ne sont pas éligibles, notamment lorsqu’elles visent à remplacer un salarié licencié pour cause réelle et sérieuse ou à réembaucher un ancien salarié ayant démissionné depuis moins d’un an.

Le candidat doit également remplir plusieurs conditions :

  • Être inscrit comme demandeur d’emploi auprès du SEFI.
  • Être sans emploi et en recherche active.
  • Ne pas exercer d’activité en tant qu’entrepreneur individuel ou dirigeant d’une société au moment de la demande.
  • Résider en Polynésie française depuis au moins cinq ans, sous réserve des exceptions prévues par le dispositif.

Les employeurs peuvent consulter les conditions détaillées et télécharger le dossier sur le site officiel du SEFI.

ACT PRO : recruter en CDI tout en formant son salarié

L’ACT PRO, ou Aide au Contrat de Travail Professionnel, répond à un besoin différent.

Ce dispositif permet à une entreprise de recruter un demandeur d’emploi en CDI tout en organisant un parcours de formation adapté au poste à pourvoir.

Il repose sur le principe de l’alternance : le salarié partage son temps entre une formation pratique dans l’entreprise et une formation théorique auprès d’un ou plusieurs organismes de formation.

L’ACT PRO est particulièrement intéressant lorsqu’une entreprise identifie un candidat motivé, mais qui ne possède pas encore toutes les compétences nécessaires pour occuper son futur poste.

Jusqu’à 1 320 000 F CFP d’aide à l’embauche

Le dispositif prévoit une aide financière forfaitaire versée à l’employeur pendant deux ans.

Pour un salarié à temps plein, elle représente :

  • 49 000 F CFP par mois durant la première année.
  • 61 000 F CFP par mois durant la deuxième année.

Soit un total de 1 320 000 F CFP sur 24 mois.

À cette aide s’ajoute la possibilité de bénéficier d’un financement des dépenses de formation par le Fonds Paritaire de Gestion (FPG), avec un plafond annoncé de 1 320 000 F CFP sur deux ans.

Il s’agit de deux soutiens distincts : l’un contribue aux coûts salariaux, tandis que l’autre finance les dépenses de formation éligibles, selon les conditions et les accords de prise en charge du FPG.

Une formation adaptée aux besoins de l’entreprise

L’un des principaux avantages de l’ACT PRO est la possibilité de construire un programme de formation correspondant aux compétences recherchées.

Le parcours doit comprendre entre 338 et 1 352 heures de formation.

L’entreprise doit également désigner un tuteur chargé d’accompagner le salarié dans l’acquisition de ses compétences.

Ce tuteur peut être le chef d’entreprise ou un salarié expérimenté. Il peut également bénéficier d’une formation spécifique prise en charge par le FPG.

Le temps consacré à la formation est considéré comme du temps de travail.

La rémunération minimale prévue dans le cadre du dispositif est fixée à 80 % du SMIG pendant la première année et à 100 % du SMIG pendant la deuxième année.

Qui peut bénéficier de l’ACT PRO ?

L’ACT PRO s’adresse aux entreprises privées soumises à l’obligation de participation au financement de la formation professionnelle continue et à jour de leurs cotisations.

L’employeur ne doit notamment pas avoir procédé à un licenciement économique dans les 12 mois précédant sa demande.

Le nombre de contrats pouvant bénéficier simultanément du dispositif est également limité :

  • Deux ACT PRO pour les entreprises de 20 salariés ou moins.
  • Cinq ACT PRO pour les entreprises de plus de 20 salariés.

L’éligibilité du candidat est examinée par les organismes instructeurs, notamment au regard de sa situation professionnelle et de ses précédentes relations de travail avec l’employeur.

Important : le dossier doit être déposé auprès du Fonds Paritaire de Gestion au minimum 30 jours avant la date prévue d’embauche.

Pour en savoir plus, consultez la présentation de l’ACT PRO sur le site du Fonds Paritaire de Gestion.

TI’AMĀ ou ACT PRO : quelle aide choisir pour son entreprise ?

Les deux dispositifs poursuivent un même objectif : favoriser l’accès à un emploi durable. Ils répondent néanmoins à des besoins différents.

TI’AMĀACT PRO
ObjectifFaciliter l’embauche en CDIRecruter et former en alternance
Aide financière60 000 à 100 000 F CFP/mois49 000 puis 61 000 F CFP/mois
Durée1 an, renouvelable sous conditions2 ans
Formation financéePas de formation spécifique prévueOui, via le FPG
InterlocuteurSEFIFonds Paritaire de Gestion et SEFI

Montants indicatifs pour un temps plein, sous réserve d’éligibilité et de validation du dossier.

Le TI’AMĀ convient particulièrement aux entreprises qui souhaitent recruter un collaborateur dans un emploi durable, avec une aide financière contribuant à son salaire.

L’ACT PRO est davantage adapté aux entreprises qui souhaitent investir dans les compétences d’un nouveau salarié, en lui proposant un parcours de formation structuré.

Dans les deux cas, l’entreprise doit anticiper sa demande et vérifier son éligibilité avant de procéder à l’embauche.

Existe-t-il d’autres aides pour recruter en Polynésie ?

Le SEFI propose également d’autres dispositifs adaptés à certaines situations.

La CTH pour l’embauche de travailleurs handicapés

La Convention Travailleur Handicapé (CTH) vise à favoriser l’insertion professionnelle des personnes reconnues travailleurs handicapés par la COTOREP.

Elle permet aux employeurs éligibles de bénéficier, pendant deux ans, d’un remboursement partiel du salaire brut versé.

Le taux de remboursement est de :

  • 30 % pour les catégories COTOREP A et B.
  • 50 % pour la catégorie COTOREP C.

Cette aide peut concerner les contrats à durée indéterminée (CDI), mais également les contrats à durée déterminée (CDD).

Le montant remboursable est soumis à un plafond salarial et à des conditions particulières.

Des financements pour former les salariés déjà en poste

Les entreprises qui souhaitent développer les compétences de leurs salariés existants peuvent également se rapprocher du Fonds Paritaire de Gestion.

Cet organisme accompagne les entreprises cotisantes dans la construction et le financement de leurs actions de formation professionnelle continue.

Les possibilités de prise en charge dépendent notamment des droits à la formation de l’entreprise, de son effectif et des dispositifs de financement disponibles.

Les informations sont accessibles sur le site du Fonds Paritaire de Gestion.

Comment demander une aide à l’embauche en Polynésie ?

Pour bénéficier de ces dispositifs, l’entreprise doit préparer son recrutement suffisamment tôt.

1. Identifier ses besoins de recrutement

Définissez précisément le poste à pourvoir, les compétences recherchées et les éventuels besoins de formation du futur salarié.

2. Vérifier l’éligibilité du candidat

Avant de signer le contrat de travail, assurez-vous que le candidat remplit les conditions du dispositif choisi.

Pour les mesures d’aide à l’embauche présentées par le SEFI, l’inscription préalable comme demandeur d’emploi constitue un point essentiel.

3. Contacter le bon organisme

Pour une demande TI’AMĀ, rapprochez-vous de la cellule Entreprises du SEFI.

Pour un ACT PRO, le Fonds Paritaire de Gestion accompagne les employeurs dans la définition du parcours de formation et la constitution du dossier.

4. Obtenir l’accord avant de finaliser l’embauche

Il est important de ne pas engager les démarches contractuelles trop tôt. Certains dispositifs exigent que le dossier soit validé avant la signature du contrat et le démarrage de l’activité.

5. Assurer le suivi administratif

Une fois l’aide accordée, l’entreprise doit respecter les obligations prévues : paiement des salaires, versement des cotisations sociales, transmission des justificatifs et réalisation des formations lorsque celles-ci sont prévues.

Où se renseigner sur les aides à l’embauche ?

Pour connaître les conditions précises et obtenir les formulaires nécessaires, les employeurs peuvent contacter les organismes suivants.

Service de l’emploi (SEFI)

Fonds Paritaire de Gestion (FPG)

Les modalités de l’ACT PRO sont actuellement signalées comme étant en cours de réforme par le FPG. Il est donc recommandé de confirmer les conditions en vigueur avant de constituer un dossier.

Recruter durablement en Polynésie : un investissement pour l’avenir

Les aides à l’embauche représentent une opportunité pour les entreprises polynésiennes qui souhaitent renforcer leurs équipes, transmettre leurs compétences et participer à l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi.

En fonction du profil du candidat et des besoins de l’entreprise, les dispositifs TI’AMĀ et ACT PRO permettent d’alléger les coûts liés à l’embauche ou de financer un parcours de professionnalisation.

Mais au-delà de l’aide financière, la réussite d’un recrutement repose avant tout sur le choix du bon candidat et sur son intégration dans l’entreprise.

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