Vous avez suivi nos conseils : vous connaissez votre valeur sur le marché et vous avez brillamment amené le sujet de la rémunération sur la table lors de votre entretien. Mais voilà, le chiffre annoncé par le recruteur est inférieur à vos attentes.
Faut-il accepter par dépit ? Faut-il refuser en bloc ? Ni l’un ni l’autre. C’est ici que commence la véritable négociation. Pour l’aborder sans stress et sans braquer votre interlocuteur (un point crucial en Polynésie où le réseau professionnel est restreint), il existe une technique imparable : la méthode MESORE.
1. Qu’est-ce que la méthode MESORE ?
Inventée par les experts en négociation de l’Université de Harvard, la MESORE signifie Meilleure Solution de Rechange (ou BATNA en anglais).
Le principe est simple : il s’agit de la meilleure option qui s’offre à vous si la négociation actuelle échoue. C’est votre « Plan B ». Connaître sa MESORE avant d’entrer dans le bureau du recruteur est votre plus grand pouvoir, car cela vous enlève la peur du vide. Celui qui a le moins besoin de l’accord est toujours celui qui mène la négociation.
2. Comment définir sa MESORE avant l’entretien ?
Votre solution de rechange dépend de votre situation actuelle. Voici les trois scénarios les plus fréquents pour les candidats locaux :
- La MESORE en or (Une autre offre) : Vous êtes en processus de recrutement avec deux entreprises. L’entreprise A vous propose 300 000 FCFP, mais vous préférez le poste de l’entreprise B, qui ne vous propose que 260 000 FCFP. Votre MESORE face à l’entreprise B est claire : « Si nous ne trouvons pas d’accord, je signe chez A. »
- La MESORE de sécurité (Rester en poste) : Vous avez déjà un emploi. Vous gagnez 250 000 FCFP avec une voiture de fonction. Une nouvelle entreprise vous approche pour un salaire similaire, mais sans véhicule. Votre MESORE est de rester dans votre entreprise actuelle, où vous êtes finalement mieux loti financièrement.
- La MESORE stratégique (Négocier les à-côtés) : Si le recruteur ne peut pas augmenter le salaire fixe, votre plan B est de négocier des avantages : le télétravail deux jours par semaine, des horaires flexibles, ou le financement d’une formation qualifiante.
3. L’art de la contre-proposition au Fenua
En Polynésie, « tout le monde se connaît ». Il est impératif que la négociation reste cordiale. Vous ne devez jamais utiliser votre MESORE comme un ultimatum ou une menace (« C’est ça ou je vais chez le concurrent »), mais comme un argument factuel.
Voici comment formuler votre contre-proposition avec diplomatie :
« Je vous remercie pour cette proposition. Le poste m’intéresse énormément et je suis convaincu de pouvoir apporter beaucoup à votre équipe. Cependant, au vu de mes compétences et des réalités actuelles du secteur, j’espérais une rémunération autour de [Votre Chiffre]. J’ai actuellement une autre piste qui s’aligne sur ces conditions (votre MESORE). Pensez-vous que nous pourrions faire un pas l’un vers l’autre pour concrétiser notre collaboration ? »
4. Savoir accepter… ou se lever de la table
La méthode MESORE a une règle d’or : on n’accepte jamais une offre inférieure à sa MESORE. Si le recruteur ne peut absolument pas bouger son budget et que son offre finale est moins intéressante que votre plan B (votre emploi actuel, une autre offre, ou le minimum vital que vous vous étiez fixé), vous devez avoir le courage de refuser poliment.
Ne voyez jamais un refus comme un échec. Dire « non » à une offre qui vous sous-évalue, c’est préserver votre marque personnelle et laisser la place à une opportunité qui reconnaîtra votre véritable valeur. Remerciez chaleureusement le recruteur pour son temps : dans notre petit marché insulaire, vous le recroiserez très certainement !
Votre MESORE est solide et vous êtes prêt à évaluer vos options ?
Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Multipliez les pistes en consultant les dernières opportunités publiées sur iaorana.com pour renforcer votre position lors de vos prochaines négociations.
